Alain Juton a répondu à notre questionnaire

14Voici le message électronique qu’Alain Juton, candidat aux élections municipales, nous a adressé, avec en italique ses réponses à nos questions :

1. Quels outils allez-vous mettre en place pour favoriser, susciter et engager les réflexions et débats avec les habitants tout au long de votre mandature ?

– D’abord instituer et respecter la tenue de réunions régulières de compte-rendu public de mandat : au minimum quatre fois par an (deux à Bages et deux à Prat-de-Cest). Réunion de compte-rendu mais également d’écoute et de dialogue avec la population.
– Rencontres formelles avec l’ensemble des associations de Bages au minimum deux fois par an et bien entendu à leur demande.
– Mise en place et animation de véritables commissions extra-municipales avec la participation des élu(e)s, de représentants volontaires de la population et, suivant les dossiers traités, d’experts invités sur les thèmes majeurs que sont :

  1. le développement économique : Les possibilités de création d’activités professionnelles génératrices d’emplois et de ressources financières pour le budget de la commune, respectant l’identité ainsi que les particularités de celle-ci.
  2. l’évolution de l’urbanisme : besoins sur le court et le long terme. Réflexion sur l’urbanisme que collectivement nous voulons. Construire quoi et pour qui ?
  3. l’environnement et la mise en valeur du patrimoine naturel : définitions de limites naturelles sur l’ensemble de la commune interdisant tous programmes futurs de constructions collectives.

Pour ces trois sujets seront organisées avant la fin de l’année 2014 des Assises générales où la population dans son ensemble sera invitée à faire entendre ses attentes et ses points de vue et opinions.

  1. La vie quotidienne au village
  2. La vie scolaire, la jeunesse, la culture… Ces premières indications n’étant évidemment pas exhaustives.

La désignation d’un ou d’une élu(e) référent pour la population par « quartier ».

En conclusion provisoire, nous affirmons que si en démocratie les élu(e)s décident, toute décision majeure se doit d’être prise après la plus large consultation et écoute possible de la population. Nous prévoyons également que sur des sujets très importants et engageant l’avenir de notre commune de façon profonde, voir irréversible, nous pourrons organiser un référendum consultatif.

2. Indépendamment du résultat final de l’enquête d’utilité publique concernant le projet d’AVAP, quelle est votre vision à court et long terme de l’urbanisation et de l’accroissement de la population souhaitables pour la commune? (Bourg, Prat-de-Cest et Les Pesquis) ; si la réponse n’est pas connue aujourd’hui, quels moyens développerez-vous pour les définir ?

Toute entité collective humaine et particulièrement un village n’a pas vocation à rester enfermé au sein de frontières définies par rapport à un « âge d’or » fantasmé mais il n’est pas non plus condamné à s’étendre jusqu’à la « fin des temps » ou tout du moins jusqu’à sa dernière parcelle urbanisable ! Tout n’est qu’une question de mesure et d’intelligence. Oui des possibilités d’extension existent, à Bages, à Prat-de-Cest et pourquoi pas aux Pesquis. Mais il y a des frontières naturelles qu’il ne faut pas dépasser et qui limitent de manière intangible toute extension de l’urbanisation au risque de briser cet équilibre fragile entre nature et bâti. Si à l’heure où nous répondons à vos questions nous n’avons pas réponse et propositions à tout (notre présence à la gestion communale en apportera très rapidement) nous affirmons avec force notre opposition au projet d’AVAP de la municipalité sortante et candidate à sa succession qui prévoit sur près de 6 hectares des possibilités futures d’extension du bâti dont l’immense majorité des parcelles sont situées sur le Piémont des Caunes, face à l’étang, au-delà du ruisseau de la Condamine qui caractérise pour nous une frontière naturelle à ne pas franchir au risque évident de voir sous l’emprise de la pression foncière l’ensemble de ce versant complètement bâti dans les années à venir. Nous affirmons qu’en continuité du village, entre « Aiguille » et route d’Estarac, il existe une superficie sensiblement identique qui pourrait être destinée à de futures extensions de l’urbanisation. Nous savons et la réglementation (décret du 27 juillet 2011) le dit, que cette zone n’est pas classée inondable comme l’avance la municipalité sortante et aujourd’hui candidate ! Nous proposons, comme le prévoit la réglementation en vigueur, de faire diligenter par les compétences administratives et techniques concernées des études complémentaires sur les risques de submersibilité mis en avant pour cette zone par la municipalité sortante et aujourd’hui candidate. D’autres zones sur l’ensemble de la commune sont certainement également propices à une extension maitrisée de l’urbanisation. Nous étudierons ces possibilités avec le souci de la transparence et du dialogue permanent avec la population et les associations la représentant.

Nous proposons l’étude de la création sur cette zone (après préemption et rétrocession des terrains par l’Etablissement Foncier Régional) d’une ZAC (Zone d’Aménagement Concerté) sur l’ensemble de la mandature. Zone alliant constructions en accession à la propriété, à la location et réalisations publiques permettant « la respiration » ainsi que la facilitation du lien social (espaces verts, de rencontre, ludiques…) et la réalisation de structures collectives (mini-crèche ou crèche parentale,  maison de retraite ou résidence pour personnes âgées, syndicat d’initiative…). En ce qui concerne l’accession à la propriété, si nous voulons favoriser les jeunes et les primo-accédants à la propriété, nous devons travailler prioritairement avec les entreprises et institutions du secteur social de la construction.

L’urbanisme et l’architecture conditionnent pour les générations présentes et futures la qualité de la vie des habitants et le type de relations sociales qui va s’établir en dépend : cités-dortoirs, lotissements morts, incommunicabilité entre les personnes, foyers de tensions ou alors relations sociales fluides, vie villageoise et associative développée, échanges intergénérationnels, richesse des contacts et des échanges, participation au bien public et respect de celui-ci… La réflexion collective nourrie et organisée bien en amont est donc indispensable.

3. Quelle vision portez-vous sur la particularité de la commune avec ses trois entités éloignées géographiquement et quelles actions pensez-vous entreprendre pour améliorer les liens entre leurs habitants ?

La géographie avec ses réalités et ses contraintes conditionne la vie individuelle mais également collective des hommes et des femmes d’un territoire. Si les Pesquis sont sur une « trajectoire » reliant Narbonne au bourg de Bages, il n’en va pas de même pour Prat-de-Cest. Ce dernier, situé sur l’axe routier Narbonne/Perpignan, est naturellement par ses contraintes géographiques et surtout géomorphologiques « tourné » vers Narbonne mais surtout vers Peyriac-de-Mer en ce qui concerne les flux humains à courte distance et les relations de proximité. Ceci est, et n’est pas modifiable par « décret » ou tout simplement par affirmation de volonté aussi sincère et déterminée qu’elle soit. L’Histoire tout simplement de ces trois lieux renforce cet aspect géographique. L’existence de ce Pratum Sextum (le sixième mille sur la voie Domitienne) est bien différente de celle de Baïa, lieu de plaisance et de villégiature. Le problème à résoudre est celui de la construction ou reconstruction d’une histoire commune dans l’imaginaire individuel et collectif des populations de ces trois lieux. Nous  ne pourrons avancer sur cette difficile réalisation que par la stimulation, et l’éveil ainsi que la prise en compte d’intérêts respectifs se rejoignant dans l’intérêt général. Il faut trouver une ou des particularités propres à chaque entité qui soient ou deviennent indispensables à chacune des autres. Une proposition que nous inscrivons dans notre programme est celle de faire de Prat-de-Cest la « vitrine » et  « porte d’entrée » de Bages. Transformer une réalité contraignante en atout valorisant pour l’un et reconnaissant pour l’autre par exemple. Il y a là une idée à creuser collectivement. Et puis également, et commençons tout simplement par là : favoriser, encourager, stimuler, accompagner, aider, à toutes initiatives de rencontres et d’échanges collectifs entre ces trois entités. Ne pas oublier les autres « écarts » que sont le Pavillon, Java, Estarac, la Plaine.

4. Bages est l’une des vitrines de l’agglomération de Narbonne ; comment agirez-vous pour préserver l’identité et le caractère de la commune au sein du Grand Narbonne ?

Nous sommes attachés à l’intercommunalité. Les réalités d’hier et d’aujourd’hui ont toujours poussé les hommes et les femmes à unir leur capacités et compétences, leurs savoir-faire, leurs ressources financières pour une meilleure efficacité : syndicats et associations de commune sur des actions spécifiques, SIVOM, contrats de Pays… C’est une évidence et une nécessité afin d’avancer dans un monde toujours plus complexe et dans un simple souci d’efficacité et de bonne gestion. Mais il y a une chose que nous devons toujours avoir à l’esprit et qui ne doit jamais s’éloigner : c’est le contrôle démocratique au plus près possible des électeurs de toutes les décisions les concernant. Nous sommes opposés à tout transfert automatique et total des prérogatives les plus importantes des communes aux intercommunalités diverses et donc au « Grand Narbonne ». C’est le cas par exemple des dispositions qui viennent d’être adoptées il y a quelques jours par les parlementaires à travers la Loi ALUR (Accès au Logement et à l’Urbanisme Rénové), dispositions qui prévoient le transfert total des compétences et prérogatives en matière de PLU des communes aux communautés d’agglomération et donc en particulier celui de la maîtrise de l’avenir de l’urbanisme et de l’aménagement de ces communes ! Nous pensons que c’est sur des majorités de projets que nous devons nous unir, et que sur des dossiers importants pour l’avenir de la commune comme la maîtrise de son urbanisme les populations concernées doivent être consultées. Pour revenir à Bages et au « Grand Narbonne », peut-on accepter qu’alors qu’un seul représentant de la commune siégera au sein d’une assemblée aujourd’hui constituée de 115 membres (dont 34 de Narbonne) de 38 communes, on puisse laisser la responsabilité des décisions d’urbanisme dans leur totalité à cette dernière sans consultation des Bageois et Bageoises ? Les risques nous semblent évidents.

La liste « Bages citoyenne » sollicite les suffrages des Bageois et des Bageoises en toute transparence. Nous ne dirons pas simplement : « en matière d’urbanisme nous ferons ceci et cela » sans avertir que dans quelques mois RIEN ne sera plus décidé et ne pourra plus l’être en mairie de Bages en ce qui concerne les PLU ! Une minorité de blocage est prévue par la loi (25 % des communes et 20% des habitants de la communauté d’agglomération). Il faudra se battre pour sa réalisation. Pas pour un repli sur soi-même ou pour une urbanisation anarchique du territoire mais pour une véritable démocratie assurant entre autres la concertation et la consultation des habitants concernés sur ces dossiers majeurs. Nous le répétons, OUI à des majorités de projets construits collectivement, NON à l’éloignement des prises de décisions et à la délégation pleine et entière des prérogatives et compétences légales des communes engageant leur avenir

5. Quelle est votre position vis-à-vis de l’activité du centre d’enfouissement de Lambert et la suite de son exploitation aux portes de Prat-de-Cest ?

Il est inadmissible que Mme le Maire, représentant la commune de Bages au sein du « Grand Narbonne », ait voté OUI à l’agrandissement et à l’allongement de la durée d’exploitation du site d’enfouissement de Lambert sans avoir consulté les habitants de Prat-de-Cest, premiers intéressés, et sans avoir émis au moins une motion émanant du conseil municipal de Bages demandant au minimum le respect des tonnages et la création d’un second site d’enfouissement dans le département. Cela aurait été vraiment le minimum !

C’est cette attitude là que nous aurons au sein du Grand Narbonne. Défendre les intérêts des habitants de Bages et particulièrement ceux de Prat-de-Cest, les premiers « intéressés » sur ce dossier.

De plus nous nous engageons à suivre de plus près l’activité de l’entreprise SITA Sud afin qu’elle mette tout en œuvre pour que les nuisances pour les populations et l’environnement proches soient le plus réduites possible. Rappelons que cette activité est commerciale et est menée par une entreprise privée et donc soumise à la rentabilité économique et financière. Pour ce faire, un élu de Prat-de-Cest sera nommément désigné pour suivre au plus près cette entreprise et exiger continuellement la mise en œuvre des mesures nécessaires au « bien-être » des populations et de l’environnement.

6. Le cœur du village et les bords d’étang sont des lieux chers aux habitants qu’il faut mettre en valeur et revitaliser : quelles mesures allez-vous prendre pour cela ?

Le cœur du village, celui de l’intérieur des remparts et du bord de la falaise, est aujourd’hui en grande partie constitué de maisons « vides » de tout habitant la majeure partie de l’année. Cet état de fait résulte principalement d’achats, à partir du milieu des années 1960 ou du début des années 1970, par des non-autochtones, de maisons de Bageois qui se vendaient alors à des prix dérisoires par rapport à ceux pratiqués aujourd’hui. Pour beaucoup d’habitations, ces acquisitions les sauvaient du délabrement et de l’état de ruines. Dans ces années-là, comme auparavant, nombres de jeunes Bageois quittaient le village pour travailler dans les grandes villes du sud de la France et à Paris, et ceux qui restaient préféraient de plus de plus des habitations situées hors du cœur historique car plus spacieuses, plus claires, plus habitables en somme et avec un peu de terrain. La question posée aujourd’hui de la revitalisation du cœur du village n’était pas celle d’actualité de l’époque, loin s’en faut !

Aujourd’hui si nous voulons redonner vie à cette partie du village, il faut continuer la politique d’acquisition communale de bâtis afin d’y créer une offre de location permettant à des personnes et notamment des jeunes de résider à Bages dans des conditions financières avantageuses, préparant ainsi sous les meilleurs auspices leur implantation définitive. La mise en valeur de tout patrimoine habité comme l’est  celui du cœur du village ne veut pas dire sa sanctuarisation. Il faut donc agir sur son entretien, l’embellissement  de ses parties publiques ainsi que sur sa signalétique, pour qu’il soit attrayant aussi bien pour ceux qui y « passent » que pour ceux qui y vivent. Mais si nous voulons ne pas le sanctuariser, il faut absolument qu’il soit relié aux autres parties du village et ce par une politique et des actions favorisant les échanges et la connaissance mutuelle de celles et ceux qui respectivement résident et font vivre ces différents quartiers. Toutes les bonnes volontés seront les bienvenues et on peut penser pour ce faire à la constitution d’un groupe de personnes issues de ces différentes entités du village qui, avec l’aide de la municipalité, réfléchisse à ces questions et fasse des propositions d’actions.

Pour les bords de l’étang et sa mise en valeur se pose l’épineux problème des terrains maritimes et de leurs amodiations actuelles. Les résultats de l’Histoire ainsi que des décisions ou non-décisions publiques au cours de celle-­ci s’imposent à nous. La réalité d’aujourd’hui amène à constater une situation sur ce sujet bien différente de celle existant par exemple à Peyriac-de-Mer. Le nombre d’amodiations attribuées à des particuliers empêche aujourd’hui une prise en compte globale du problème pour une éventuelle intervention publique, tout au moins communale. Une intervention par la négative favorisant la « dépossession» brutale des possesseurs d’amodiations serait non seulement contre-productive mais entraînerait un climat explosif eu regard aux « us et coutumes » forgés avec le temps sur ce problème. Par contre une volonté et une politique de non-reconduction de ces amodiations à leur échéance juridique et administrative seront des éléments de reconquête par les autorités publiques de l’affectation et de l’utilisation de ces terrains maritimes. Dès aujourd’hui, il faut faire respecter la législation en vigueur qui régit ces amodiations, et obliger leurs détenteurs à appliquer les contraintes d’entretien et de non-constructibilité de ces parcelles.

Pour ce qui est des parties publiques, bords extrêmes de l’étang et partie portuaire, nous nous devons en accord et avec la participation des professionnels de la pêche et des amodiateurs, de mettre en place un accès public de qualité entretenu collectivement. Le chemin de planches ainsi que le sentier existant doivent être réhabilités et entretenus régulièrement. Ce sentier doit pouvoir se prolonger jusqu’au chemin remontant la falaise jusqu’au « Château » en haut du village, offrant ainsi aux promeneurs la possibilité d’un circuit pédestre reliant étang et village. De véritables équipements d’accueil du public doivent être mis en place sur ce secteur stratégique qu’est le bord de l’étang : toilettes entretenues, bancs, amélioration et entretien de la signalétique (notamment explicative du biotope qu’est le système lagunaire et des activités professionnelles qui y sont pratiquées). Dans un avenir à moyen terme, on peut envisager, en concertation avec les professionnels de la pêche, la population du village et le Parc Naturel Régional, de faciliter la mise en place d’activités de découverte et de connaissance de ces milieux naturels et de leurs activités en direction des publics touristiques, mais également de la région, notamment en ce qui concerne les publics scolaires. On peut également envisager la possibilité dans des conditions légales et de sécurité optimale de circuits sur l’étang. La mise en valeur des métiers de la pêche est aussi à l’ordre du jour. Il faut continuer et fortifier ce qui a déjà été entrepris et permettre par une meilleure visibilité, la « mise en avant » de ces activités et de la commercialisation des produits de la pêche. Nous proposons également en bord d’étang l’organisation d’un marché des productions régionales agricoles et artisanales hors période d’hiver. Avec une bonne organisation et une bonne communication, son succès et sa pérennité peuvent être assurés. Le succès du « Marché de l’Art » existant en est un gage.

7. Quels objectifs vous donnez-vous pour promouvoir la culture au travers de l’activité de la Maison des Arts ? Pensez-vous mettre en place un lien avec les écoles ? Quelles orientations allez-vous prendre pour améliorer la transparence de son fonctionnement et stimuler la participation des habitants ?

L’histoire de Bages est marquée depuis le début des années 1960 par la présence d’artistes plasticiens attirés par la lumière du lieu et son authenticité, et il en a résulté une riche activité dans ce domaine. Artistes de renom international et autres de moindre réputation mais également actifs, ainsi que diverses manifestations d’envergure (« Art en Bages » par exemple dans les années 1980-1990 et l’activité actuelle de la « Maison des Arts ») ont construit cette réputation de Bages « village d’artistes ».

Cette richesse est une opportunité pour notre village. La « Maison des Arts », par sa programmation actuelle, continue à contribuer à cet aspect valorisant pour Bages. Il faut donc continuer et amplifier ce travail par une programmation de haute tenue artistique, qui marque non seulement le lieu mais le village dans son ensemble. Il faut améliorer grandement la communication des activités de la « Maison des Arts » et la faire dépasser le cadre régional. Marquer un lieu par des activités de grande renommée n’exclut en rien de présenter le travail d’artistes amateurs locaux, ni de tout mettre en œuvre pour intéresser le public local. La réception de l’art, comme de la culture en généra,l est une « affaire » d’éducation et d’habitudes prises au fil des rencontres avec les œuvres et les artistes, la question n’étant pas « d’aimer ou ne pas aimer », mais de recevoir avec son esprit critique. L’art d’aujourd’hui étant toujours pour la plupart celui des musées de demain, son appréhension est souvent difficile et nécessite donc une attention et une action particulières vis-à-vis de la population. Décentraliser certaines expositions en différents endroits du village (l’expérience des caves viticoles du village a été un des moments forts d’Art en Bages dans les années 1990) comme organiser d’autres d’installations et des sculptures en extérieur, ceci accompagné par des moments d’échange public avec les créateurs, pourraient être des pistes facilitant cette appréhension et générant des rencontres individuelles et collectives. Le comité de programmation de la Maison des Arts doit non seulement continuer son activité présente, mais doit se voir doter de réels pouvoirs de décision et de moyens financiers lui permettant de les assumer. La composition de ce comité doit être issue de critères définis au niveau municipal après propositions d’une commission extra-municipale dédiée  à la culture. Mais le statut juridique (aujourd’hui fonctionnement entièrement municipal) de la « Maison des Arts » peut être le sujet d’une étude et de propositions allant, pourquoi pas, vers un fonctionnement avec plus d’autonomie. Cela reste à discuter et à étudier.

Il est évident que l’école est le lieu privilégié pour le travail relaté ci-dessus d’apprentissage de la confrontation avec les œuvres d’art et les pratiques culturelles et artistiques en général. Il faut que la « Maison des Arts » mette en place un service pédagogique s’adressant à l’école de Bages mais également à celles du « Grand Narbonne », offrant une panoplie de possibilités d’animations et d’interventions pédagogiques auprès des scolaires, pensées et construites avec les enseignants, ceci en relation étroite  avec « L’Etang d’Art » à Bages, le « LAC » à Sigean et « l’Aspirateur » à Narbonne.

Nos propositions concernant la plupart de ces questions ainsi qu’un certain nombre d’autres, sont détaillées sur notre site www.bagescitoyenne.fr.